1. Synthèse des propositions
Les propositions du ComOp 34 visent à créer les conditions de modifications des comportements du
public.
A / Orchestration, mise en convergence et synergie des initiatives
Pour cela, le ComOp recommande en premier lieu la création d’un plan national d’engagement pour
un développement durable (cf. prop 1.1).
Ce plan national d’engagement assure l’orchestration et la mise en valeur des initiatives multiples
concourant à la sensibilisation, l’information et la formation du grand public. Il s’appuie sur la
multitude d’initiatives et d’acteurs.
Les engagements du Grenelle ne constituent pas en tant que tels un programme d’information et
d’incitation à la participation du grand public. C’est pourquoi, afin de développer cet aspect avec
l’ampleur souhaitée, il convient de compléter les actions relevant des engagements du Grenelle par
la définition et le lancement d’un Plan national en faveur de la mobilisation de tous pour un
développement durable dans le cadre de la Stratégie nationale de développement durable. C’est
une condition nécessaire de cohérence, mais aussi d’efficacité pour rendre proche et crédible la
mobilisation pour un développement durable.
Ce plan doit bénéficier d’une dénomination propre, différente du Grenelle, signifiante et
engageante des perspectives et résultats visés, notamment à destination du grand public, en
cohérence avec celle qui sera retenue pour le comité de suivi du Grenelle pérennisé sous la forme
d’un comité national du développement durable en charge du suivi de la mise en oeuvre de la
Stratégie Nationale de Développement Durable.
A l’exemple du PNNS, le Plan ne se résume pas au lancement de grandes campagnes d’information
d’origine nationale, qui peuvent être une composante mais n’en sont pas l’essentiel. Un cahier des
charges devra être construit en concertation entre l’Etat et ses partenaires pour déterminer les
conditions de rattachement d’actions à ce Plan.
Ceci nécessite d’organiser et mutualiser le repérage des initiatives pour leur donner de la visibilité et
faciliter leur démultiplication : dans le cadre du plan national, concrétiser un observatoire
permettant d’assurer une veille, un suivi et un recueil des initiatives, projets et expériences (cf.
prop 3.2) mis en oeuvre au sein de partenariats nationaux, régionaux ou locaux. Ils seront
répertoriés entre autre par le biais d’un grand « appel à initiatives » au niveau régional relayé par les
médias régionaux, puis au niveau national relayé par les médias nationaux.
Ce plan national comporte deux points majeurs relatifs à la fiabilité et la lisibilité de l’information :
B /S’organiser pour être crédible et former des relais
La mise en place d’une capacité d’arbitrage avec les parties prenantes pour valider les contenus et
délivrer une information factuelle en réalisant le développement du Portail Environnemental (cf.
prop 1.2) étudié par le ComOp 21. Son comité de Pilotage constituera l’instance de référence qui
s’appuiera sur l’expertise scientifique pour identifier les informations factuelles et les distinguer de
celles relevant du domaine de la prise de position.
La formalisation d’un corpus de messages consensuels sur les bénéfices liés aux comportements
durables (aspects économiques, nature, santé, qualité de vie, héritage pour nos enfants) (cf. prop
2.2) pour mettre le public dans une logique du Permettre , au lieu du Promettre
Des faiblesses ont été identifiées en matière de biodiversité en comparaison des sujets du climat ou
de l’énergie. Le ComOp recommande de mobiliser la communauté scientifique pour développer la
communication relative à la richesse et la préservation de notre héritage collectif (cf. prop 2.4),
comme approche pour la défense de la biodiversité. Le travail, qui peut être porté par le Muséum
d’histoire naturelle en lien avec les partenaires associatifs, s’axera en priorité sur les écosystèmes au
niveau des territoires, et pourra utilement s‘appuyer sur les sites naturels, classés par l’Unesco au
patrimoine mondial de l’humanité.
Le Plan national s’inscrit dans une pédagogie du résultat, c'est-à-dire recenser et porter à connaissance des indicateurs compréhensibles et motivants, notamment des indicateurs de
ressenti couvrant les champs clés au plan collectif (énergie/co2 et climat; impact du développement
durable sur l’économie), de l’individu (déchets de l’industrie et des particuliers..), de la biodiversité,
de la santé etc. (cf. prop 1.3) Le Plan doit permettre l’évaluation à chaque instant du chemin et des
progrès parcourus : trouver des indicateurs pertinents en soi ne vaut rien, si les évolutions ne sont
pas mesurées et communiquées. Un tableau de bord partagé (à construire dans le cadre d’un groupe
de travail associant l’ensemble des partenaires, selon le même mode opératoire que celui du
Grenelle) permettrait de suivre les effets des actions et fournirait par la même occasion des
références partagées pour toutes les parties-prenantes.
En complément, face au manque de connaissance et de compréhension par rapport aux référentiels
et labels, le Plan National d’Engagement pour un Développement Durable permet de positionner
et préciser les différents labels existants ou à venir (cf. prop 1.4).
Dans ce cadre, il devient possible d’organiser de manière crédible les campagnes d’information et de
promotion à destination du public en concertation avec les différents acteurs, dont les associations
(cf. prop. 2.3).
Pour accroître la lisibilité et l’impact des actions vers le grand public, une proposition clé du ComOp
34 est de soutenir l’implication des médias pour qu’ils délivrent des messages qui ont du sens, et
montrent que le développement durable peut permettre une vie meilleure (cf. partie 2).
Ceci passe par la formation des professionnels des médias (cf. prop 2. 2) pour qu’ils s’approprient
des notions complexes et relaient sur des bases solides les informations concernant ce domaine.
Cette formation s’articule en 3 axes d’actions concernant l’ensemble des professionnels des
médias : journalistes en formation initiale, managers et directeurs de programme en formation
continue , et initiatives de découverte active sur le terrain
Il faut également saisir l’opportunité de la réforme de l’audiovisuel public pour diffuser une
information civique et citoyenne (cf. prop 5.6) : via les nouveaux formats de création initiés dans la
réforme, via l’évènement festif national proposé au § 4.1, ou encore en relais des infos du centre de
ressource média du MEEDDAT qu’il est proposé de créer. Ce centre de ressource est également le
point de collaboration clé avec les médias privés. Il agit en service d’information aux médias et
communique régulièrement les indicateurs d’avancement et de ressenti ainsi que des initiatives
innovantes.
C / Inviter à participer et à s’impliquer
En complément de ce cadre général, les propositions du ComOp visent à rendre plus favorables les
actes et achats éco-responsables. Pour cela il faut permettre la mise en avant de l’exemplarité et
l’existence de solutions avec des exemples objectivés, quotidiens, crédibles, de parler davantage de
ce qui marche. Cela passe par une mutualisation et un « porté à connaissance » plus systématique
des bonnes pratiques en matière de développement durable en s’appuyant sur l’exemple de« pairs », ou s’appuyant sur les actions collectives (élus nationaux et locaux, acteurs économiques,
associations, …) (cf. prop 3.1).
Il faut également inviter le grand public à participer et à s’impliquer dans les démarches de
développement durable par :
- l’organisation d’un grand évènement festif et fédérateur pour toutes les composantes de la
société (cf. prop 4.1) et qui relaiera le lancement du Plan National d’engagement pour le
Développement Durable (avril 2009) et en profiter pour mettre en avant les grands
indicateurs.
- le réseau des Musées et des centres de culture scientifique, comme points de rencontre avec
le public et en faire des lieux interactifs d’exposition du savoir et de « vulgarisation » et les
relais pour le développement de dispositifs d’observation participatifs par les citoyens à grande échelle (cf. prop 4.2)
- le développement de la fonction participative d’Internet sur les questions d’environnement
et de développement durable : permettre ainsi l’accessibilité et la participation du public aux
débats, enjeux et aux différentes initiatives liées au développement durable en facilitant
notamment le relais vers des sites participatifs par le biais des sites portails publics (cf. prop
4.3), tout en facilitant la distinction entre les informations factuelles et les contributions aux
questions débattues
- la promotion de chartes d’engagement lors de l’organisation d’évènements grand public (cf.
prop 4.5)
L’invitation à participer et expérimenter est notamment le facteur essentiel des actions
destinées aux jeunes.
Le ComOp propose également de renforcer l’information et le conseil de proximité, en se servant
du rôle clé des acteurs publics (Etat, établissements publics et collectivités) et la densité de leur maillage territorial pour mieux démultiplier les actions développées notamment par les associations
au niveau local (cf. prop 3.3).
D/ Une mise en oeuvre partenariale
Face aux vastes enjeux du développement durable, au grand nombre d’acteurs concernés et à la
diversité des compétences nécessaires, les objectifs ambitieux ne pourront être atteints sans une
mobilisation de certains réseaux d’acteurs à fort potentiel d’efficacité.
Ces grands acteurs sont : les entreprises, les médias, les acteurs publics et les collectivités au sens
large. Entre ces relais, il est indispensable de favoriser le partenariat avec le monde associatif qui est
l’un des facteurs clés de l’efficacité, grâce à la présence très active du tissu associatif local assurant
souvent une fonction de pivot.
Les entreprises doivent être accompagnées dans leurs initiatives invitant à de bonnes pratiques de
consommation pour faire se rencontrer l’offre de produits d’éco-consommation et le
consommateur, en associant la motivation « plaisir » liée à des achats contribuant à des objectifs de
développement durable. Le cahier des charges de rattachement d’initiatives au Plan national peut
constituer le cadre pour améliorer la visibilité et la crédibilité de ces démarches volontaires (cf. prop
4.4 et 5.4).
Il est nécessaire également que les employeurs, tant privés que publics, intégrent les enjeux et les
formations au développement durable dans leur activité et auprès des salariés. En matière de
formation continue, les DIF prioritaires semblent constituer une formidable opportunité. Ils sont un
exemple type des démarches de concertation pour la définition de plans d’action par secteurs ou par
filières (cf. prop. 5.1 et 5.2), proposées par le COMOP 34.
La mobilisation des acteurs publics est aussi un facteur clé (cf. prop 5.3) pour leur grande diversité et
la fréquence de leurs modes de contact avec le grand public, au delà de « l’Etat exemplaire ». Elle
garantit de toucher l’ensemble de la population, y compris les plus faibles et les plus démunis sur ces
enjeux.
Ce point rejoint la nécessité de développer les démarches partenariales locales en s’appuyant sur le
rôle de catalyseur des collectivités (cf. prop 5.5) situées à l’interface de tous les acteurs concernés
du territoire (entreprises, associations, habitants, services déconcentrés de l’Etat, organismes de
formation professionnelle etc.) pour favoriser les collaborations partenariales d’actions locales pour
toucher et associer les habitants d’un même bassin de vie.