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Vie économique

En finir avec la mondialisation anonyme - La traçabilité au service des consommateurs et de l'emploi

Auteur(s) :

    • JEGO Yves
    • FRANCE. Présidence de la République

Editeur :

  • Présidence de la République

Date de remise : Mai 2010
Réf. : 104000213
221 pages

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M. Yves Jego, député, a été chargé par le Président de la République de mener une réflexion sur la définition et l'usage de la "Marque France" (label "Made in France"). Le rapport s'ouvre sur un état des lieux du marquage de l'origine France (manque de transparence pour le consommateur, plus particulièrement dans le contexte de mondialisation, régime juridique lacunaire, origine insuffisamment protégée et promue sur les marchés-tiers). Sur la base de ce constat, la mission émet des recommandations autour de trois axes : développer la transparence et la traçabilité des produits et des services ; initier une protection européenne de l'origine des produits ; créer une structure de préfiguration pour la mise en oeuvre des orientations du rapport. Le rapport propose enfin les comptes-rendus des auditions et des entretiens menés par la mission, ainsi que les différents documents qui lui ont été transmis.



Lettre de mission du Président de la République

Introduction. Le marquage de l’origine, un enjeu économique majeur


 
Première partie Constats
 

Chapitre I L’origine a perdu la « guerre » des marquages
I.1 L’origine est au cœur des problématiques de transparence
a) Des « consommateurs régulateurs » de plus en plus demandeurs de transparence
et donc de traçabilité de l’origine
b) Des entreprises intégrant les nouveaux comportements des consommateurs
c) Des États confrontés à une traçabilité de l’origine indissociable des autres
marquages des produits

I.2 L’origine est confrontée à la concurrence des marquages
a) Une multiplication des types de marquage au détriment de la transparence
b) Un développement du champ des marquages au détriment de l’origine
c) L’émergence d’un marché non régulé des marquages
d) La rareté des labels officiels

I.3 L’origine subit les effets d’une mondialisation anonyme
a) Les nouvelles difficultés de détermination de l’origine
b) La perte d’identité des produits et des services
c) Le secret de l’origine ou le « blanchiment » des délocalisations ?
d) La quête de l’origine ou les incertitudes sur les statistiques du commerce
extérieur

Chapitre II Le marquage de l’origine est victime des lacunes du droit
II.1 Une réglementation lacunaire de l’origine dans le droit de l’OMC
a) Une négociation complexe et de longue durée sur les règles d’origines
b) Une protection très lacunaire des indications géographiques

II.2 Sauf exception, l’Union européenne n’impose pas le marquage de l’origine
a) Une obligation douanière d’identification de l’origine des produits importés
b) Une législation disparate sur le marquage de l’origine de certains produits
agricoles (et de la mer)
c) Une protection communautaire des indications géographiques limitée aux
produits agro-alimentaires
d) Une absence d’obligation de marquage de l’origine pour les produits industriels

II.3 L’État ne protège pas suffisamment le « made in » facultatif
a) Le « made in » est difficile à contrôler par les Douanes françaises
b) Les interprétations de la DGCCRF sont illisibles pour les entreprises et les
consommateurs

Chapitre III L’origine France est insuffisamment protégée et promue sur les
marchés tiers
III.1 De nombreux concurrents de l’Union européenne développent des stratégies de
marque-pays qui nécessitent un marquage obligatoire de l’origine des produits
a) Le développement de stratégies de marque-pays
b) Le développement des analyses de valorisation des marques pays
c) Les exigences de marquage de l’origine nationale des produits à l’extérieur
de l’Union européenne

III.2 L’origine France est peu lisible et peu protégée sur les marchés tiers
a) Une origine France source de plus-values sur les marchés tiers
b) De multiples difficultés pour définir ce qu’est un produit français
c) Un foisonnement d’acteurs porteurs de la marque France


 
Deuxième partie Propositions
 

Chapitre IV Développer la transparence et la traçabilité des produits et des
services
IV.1 Un texte législatif national est nécessaire pour garantir la transparence pour
les consommateurs
a) Proposition : Réglementer la définition et l’usage du mot « label » et de
l’expression « label officiel »
b) Proposition : Favoriser la mise en place d’une carte d’identité des produits
c) Proposition : Réguler le marché de la labellisation
d) Proposition : Améliorer l’information sur les conditions de fabrication des
produits pour les commanditaires publics

IV.2 Un texte législatif national est souhaitable pour valoriser un marquage facultatif
de l’origine nationale qui soit plus fiable et plus informatif pour le consommateur
a) Proposition : Élaborer un « made in » facultatif à trois étoiles et mettre finà l’interprétation au cas par cas de la DGCCRF
b) Proposition : Créer une labellisation volontaire plus qualifiante et plus transparente
que le « Made in »

IV.3 Le texte législatif national porterait sur la transparence et la traçabilité des
biens et services
a) Un texte sur la transparence et la traçabilité
b) Un texte élaboré après une large concertation et en conformité avec le droit
communautaire


Chapitre V Initier une protection européenne de l’origine des produits
V.1 Le contexte européen est favorable à une évolution de la législation sur le
marquage de l’origine nationale des produits
a) Une proposition de règlement présentée par la Commission dès 2005 pour
les produits non agricoles
b) La multiplication des initiatives italiennes
c) L’opportunité de mettre fin à des législations ou pratiques nationales hétérogènes
d) Un Parlement européen de plus en plus mobilisé par la question du marquage
de l’origine des produits non agricoles
e) Des débats à la Commission européenne et au Parlement européen sur
l’extension du marquage de l’origine pour les produits agricoles

V.2 Une initiative française pourrait aboutir sous réserve d’un travail d’influence
a) Proposition : Conduire une action d’influence en faveur d’un texte ou de
textes européens rendant obligatoire le marquage de l’origine nationale des
produits mis en vente sur le marché communautaire
b) Proposition : Conduire une action d’influence en faveur d’un règlement européen étendant le champ des indications géographiques protégées aux produits
non alimentaires
c) Proposition : Étudier et préparer les moyens d’assimiler la fraude au marquage
de l’origine à de la contrefaçon


Chapitre VI Créer une structure de préfiguration pour la mise en œuvre des
orientations du rapport

VI.1 Proposition : Mettre en place une mission ministérielle de préfiguration

VI.2 Les compétences de la mission de préfiguration

Synthèse


 
Troisième partie Comptes-rendus des auditions et des entretiens
 

Organisations syndicales et associations de consommateurs
CFDT et Asseco
CFE-CGC
FO et AFOC
CFTC
FNSEA et « Qualité et Origine »
UFC-Que Choisir

Entreprises et organisations professionnelles
La Forge de Laguiole
Groupe EPI
Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France
ATOL et Lunetiers du Jura
Geneviève Lethu
Comité Colbert
Groupe SEB
Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture
Groupe Danone
Chambre syndicale de la haute couture
Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie
Fédération des Entreprises du Commerce et de la Distribution
France Bois Forêt
Union des Industries Textiles
Union Française des Industries de l’Habillement
Groupe Casino
MEDEF
Cosmetic Valley
Agence Lucie
Armor Lux
Association Nationale des Industries Alimentaires
Union du commerce de Centre-Ville
Groupe Carrefour et marque « Reflets de France »
Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA)
Assemblée Permanente des Chambres de Métiers

Administrations et acteurs publics
M. Michel Barnier, Commissaire européen en charge du marché intérieur et des services
Mme Christine Lagarde, Ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi
M. Christian Estrosi, Ministre chargé de l’Industrie
Mme A.-M. Idrac, Secrétaire d’État chargée du Commerce extérieur
M. Hervé Novelli, Secrétaire d’État chargé du Commerce
INAO
DGCCRF
DGDDI
DGPAAT
INPI
AFNOR
Ubifrance
DGCIS

Personnalités qualifiées
M. Jacques Dermagne, Président du Conseil Économique, Social et Environnemental
M. Léon Salto, Conseil Économique, Social et Environnemental
Mme Nicole Notat, Présidente de Vigéo
M. Maurice Lévy, Président de Publicis Groupe
MM. Jean-Marie DRU, Président de TBWA Worldwide
et Nicolas BORDAS, Président de TBWA France
M. Denis Gancel, Président de l’agence W&Cie
M. Maxime Koromyslov, enseignant-chercheur, ICN Business School
Déplacement de la mission à Genève
M. Pascal Lamy, Directeur général de l’OMC
Switcher
Fédération de l’industrie horlogère suisse
Economiesuisse

Déplacement de la mission à Bruxelles

 
Quatrième partie Documents transmis à la Mission
 

DGTPE – Les « Made in. . . » nationaux : analyse comparative
Allemagne
Belgique
Canada
Espagne
États-Unis
Italie
Japon
Nouvelle-Zélande
Royaume-Uni
Tableau synoptique des « Made in » par pays
Note de synthèse - dernières évolutions du « Made in Italy »
Note de synthèse - dernières évolutions du « Swiss made »
Contribution de l’ACFCI
« Made in France » : 3 axes de réflexion
Relation entre le consommateur français et les produits issus des entreprises implantées
en France
Reconnaissance des vertus de la production industrielle française
Affirmation de la Marque France à l’international
Comment gérer un label Made in France ?
Maintenir le critère de la valeur ajoutée
Mériter l’attention et la confiance du consommateur
Jouer sur le développement des communautés sur internet
Inciter à agir en collectif à l’international
Éviter d’isoler la France dans le cadre communautaire
Propositions du réseau CCI
Le développement d’un label France
Une position sur le débat européen
Quelle contribution des CCI pour le développement d’une marque France ?

Contribution de la CFTC
Contribution du Groupe SEB






Estampilles, cachets, marques diverses : l’origine a longtemps été le seul marquage appliqué à un produit, parce qu’il correspondait à la demande des consommateurs. Aujourd’hui, avec la division
internationale des tâches liée à la mondialisation, l’origine diffère souvent de la provenance.
Un produit peut être importé d’un pays et avoir été fabriqué dans plusieurs autres. L’origine
est donc plus difficile, mais pas impossible à définir. En effet, dans tous les pays du monde, des
règles douanières imposent la détermination de l’origine afin de permettre l’application du tarif
douanier et d’éventuelles mesures de politique commerciale.

Les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de traçabilité et donc d’affichage de
l’origine des produits. Pourtant, cette dernière ne fait pas l’objet d’une obligation d’étiquetage en
Europe : elle a perdu la guerre des marquages alors que foisonnent les mentions de toutes sortes
sur les produits. La mondialisation anonyme efface donc l’origine des biens de consommation.

Le marquage de l’origine est un enjeu pour les consommateurs, mais aussi de plus en plus
pour les entreprises dans leurs stratégies d’intégration dans les pays où elles produisent ou
vendent et qui souhaitent profiter de cet atout sans concurrence déloyale.

Les propositions formulées dans le présent rapport pour répondre à ces nouvelles exigences
portent sur une législation nationale, sur des initiatives à l’échelle européenne et sur la création
d’une structure destinée à préparer l’ensemble de ces dispositions en étroite concertation avec
tous les acteurs concernés.

Les constats

L’origine a perdu la « guerre » des marquages

Depuis une quinzaine d’années, les comportements d’une partie des consommateurs évoluent,
la demande de transparence s’affirmant. De nombreuses études mettent en évidence
l’émergence de « consommateurs citoyens » ou « consommateurs régulateurs » qui
sont persuadés que leur acte d’achat leur permet d’influencer le comportement des
entreprises. Le prix demeure bien évidemment le principal critère de choix pour une large
majorité de consommateurs. Mais l’origine et les conditions de fabrications apparaissent comme
des critères de plus en plus importants. La crise de la « vache folle » a marqué en 1996 le début
de cette ère du soupçon et de la prise de conscience par les consommateurs de leur nouveau
pouvoir. C’est en raison de la chute des ventes que les professionnels d’abord, les pouvoirs publics
français ensuite et l’Union européenne enfin ont mis en place un dispositif de marquage de l’origine de la viande bovine. Les entreprises prennent donc de plus en plus en considération ces
mutations et s’efforcent de répondre à ces nouvelles demandes. La « communication équitable »
(cf. profusion des labels environnementaux par exemple) et la « communication d’intégration »
des entreprises mondialisées (cf. la campagne de Coca-Cola sur le thème « Made in France avec fierté ») se développent. Les États devront prendre la mesure des enjeux de transparence qui
sont indissociables de la traçabilité et du marquage de l’origine.

Quand l’origine apparaît sur une étiquette, elle doit souvent coexister avec une pléthore de
mentions, obligatoires ou non, dont la valeur juridique et la fiabilité sont inégales. Cet excès
d’informations non hiérarchisées, non organisées favorise la confusion plus que la transparence.
Le trop d’informations tue l’information. Un véritable marché du marquage s’est d’ailleurs développé.
Les organismes de labellisation, les sites internet autour de la thématique « achetons
français » se multiplient sans que les consommateurs soient en mesure d’apprécier la qualité et
la fiabilité des informations fournies.

Si l’origine a perdu la « guerre des marquages », c’est principalement parce que la mondialisation
a compliqué la détermination de l’origine d’un produit et que certaines
entreprises se sont opposées à une transparence qui mettrait en évidence les nouvelles
stratégies de localisation et d’approvisionnement.


L’origine est victime des lacunes du droit en Europe

La détermination de l’origine est un enjeu douanier et commercial qui ne fait l’objet d’aucune
harmonisation au niveau international à ce jour en dépit des efforts de négociation dans le cadre
de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) depuis 1996. L’OMC ne considère donc pas
que le marquage obligatoire de l’origine constitue une entrave au commerce international.

Dans ce contexte, la législation communautaire a développé des règles douanières spécifiques
d’identification de l’origine. Cette législation européenne complexe et élaborée avant le développement
de la mondialisation, à quelques exceptions près, ne rend pas obligatoire l’étiquetage
de l’origine des produits, la jurisprudence de la Cour de Justice des Communautés européennes
ne permettant que des législations nationales mettant en place des marquages facultatifs. Paradoxalement,
le consommateur n’a donc pas le droit d’accéder aux informations
sur l’origine dont disposent les administrations douanières européennes. Faute de
base juridique communautaire, le « made in » est donc non défini, facultatif et difficilement
contrôlable.

Ce vide juridique a incité la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de
la Répression des Fraudes à des interprétations et des exigences différentes de celle des Douanes,
ce dont certaines entreprises se plaignent à juste titre.


Le marquage de l’origine France est insuffisamment protégé et promu sur les marchés tiers

La plupart des grands concurrents et partenaires commerciaux de l’Union européenne (États-Unis, Japon, Chine, Canada etc.) ont rendu obligatoire le marquage de l’origine des produits
commercialisés sur leur sol — ou du moins de certaines familles de produits. C’est également le
cas en Suisse où le renforcement du « swiss made » fait l’objet d’un projet de loi actuellement
en discussion.

Ces pays s’efforcent également de promouvoir à l’étranger leur marque-pays en raison de
l’atout commercial qu’elle représente. Le co-marquage (marque d’entreprise associée à une
marque pays) y est très développé.

Difficile à évaluer, la valeur de la marque France est incontestable. La preuve en est que
certaines entreprises affichent un « Made in France » frauduleux sur leurs produits afin de bénéficier de la plus-value qu’apporte ce marquage. D’autres, dont les produits sont fabriqués en
Asie, préfèrent utiliser les symboles de la France (Tour Eiffel, coq, carte, mention « Paris » etc.)
en considérant probablement que le risque est moindre par rapport à l’apposition d’un « Made
in France ».

En l’absence d’un label fédérateur, confrontés à une multitude de labels, les organismes de
soutien à l’exportation française (Ubifrance, Sopexa. . .) et les postes diplomatiques s’interrogent
sur la légitimité du soutien à des productions dont ils ne connaissent pas l’origine. « Qu’est ce
qu’un produit français ? » est devenu une interrogation sans réponse faute de marquage obligatoire
de l’origine.


10 propositions pour mettre la traçabilité au service des consommateurs
et de l’emploi

Proposition n°1 (Union européenne) : Conduire une action d’influence en faveur d’un
texte ou de textes européens rendant obligatoire le marquage de l’origine nationale de tous les
produits mis en vente sur le marché communautaire (à la différence du projet de 2005 de la
Commission européenne qui est limité aux produits importés). Cette obligation, attendue par
les associations de consommateurs, les syndicats, de nombreuses fédérations professionnelles,
pourrait se mettre en place progressivement.
Le contexte européen est aujourd’hui favorable à une évolution de la législation sur le marquage
de l’origine. En particulier, la Commission européenne et le Parlement européen étudient
ou examinent des propositions réglementaires imposant un étiquetage obligatoire de l’origine. La
proposition sur le marquage obligatoire de l’origine de certains produits industriels présentée par
la Commission en 2005 suscite de nouveaux débats tant au Conseil qu’au Parlement européen
(qui en a été ressaisi au début du mois de mars 2010), de même que l’extension des obligations
portant sur un nombre limité de produits agricoles.

Proposition n°2 (législatif/réglementaire) : Élaborer un « made in » facultatif à trois étoiles et mettre fin à l’interprétation au cas par cas de la DGCCRF.
L’objectif de ce « Made in » facultatif est de valoriser les entreprises qui ne contentent pas de
respecter strictement les règles douanières de détermination de l’origine (45% de valeur ajoutée
acquise en France, ou la dernière ouvraison substantielle, ou un changement de position tarifaire à l’entrée sur le territoire) mais vont largement au-delà en produisant l’essentiel de la valeur
ajoutée de leur produit en France. Le pourcentage de valeur ajoutée pourrait être le critère
déterminant de l’attribution de ces étoiles sans en exclure d’autres pour certaines catégories de
produits.

Proposition n°3 (associatif/volontaire) : Créer un label volontaire afin de valoriser, par
une véritable procédure de certification, les produits d’origine française.
L’origine sera le critère de définition principal de ce label qui pourra bénéficier tant à une
entreprise qu’à un produit ou un service. L’engagement de l’entreprise au maximum de transparence
dans l’information délivrée au consommateur final sera matérialisé par la carte d’identité (définie dans la proposition n°4). À la différence du « Made in France », cette mention fera
l’objet d’une certification et de contrôles par un ou des organismes agréés (Afnor, organismes
certificateurs etc.) afin de garantir la sincérité de de l’information. À l’exportation, ce label aura
vocation à devenir le label fédérateur et support de la « marque France ».

Proposition n°4 (associatif/volontaire) : Favoriser la mise en place d’une carte d’identité des produits.
L’objectif est d’utiliser les nouvelles technologies permettant de lire un code sur un produit
avec un téléphone portable (ou de consulter, sur internet, un portail regroupant les entreprises
et les produits qui s’engagent dans cette démarche de transparence) et d’avoir ainsi accès à des informations qui ne pourraient figurer sur une étiquette. Ces informations porteront sur le
fabricant et sur le produit. Il pourrait s’agir de toutes les informations obligatoires et des labels
facultatifs présentés de façon hiérarchisée et sans exclure d’autres informations.

Proposition n°5 (Union européenne) : Étudier et préparer les moyens d’assimiler la
fraude au marquage de l’origine à de la contrefaçon, s’agissant notamment des moyens engagés
pour lutter contre cette fraude.

Proposition n°6 (Union européenne) : Conduire une action d’influence en faveur d’un
règlement européen étendant le champ des indications géographiques protégées (IGP) aux produits
non alimentaires afin de prendre en compte la situation des entreprises victimes de la
concurrence déloyale de produits fabriqués à l’extérieur de l’Union européenne et utilisant la
même dénomination pour leurs produits (cf. exemples des verreries de Murano, du cristal de
Bohème, des couteaux Laguiole, de la porcelaine de Limoges etc.).

Proposition n°7 (législatif/réglementaire) : Réglementer la définition et l’usage du mot
label et de l’expression « label officiel ». L’absence de protection législative de ce mot permet
son utilisation pour de simples mentions publicitaires.

Proposition n°8 (législatif/réglementaire) : Réguler le marché de la labellisation
(agences de notation, sites web spécialisés etc.) en imposant a minima un système
d’enregistrement.

Proposition n°9 (législatif/réglementaire) : Améliorer l’information sur les conditions
de fabrication des produits pour les commanditaires publics.

Proposition n°10 : Une partie des mesures nécessite des études techniques complémentaires
et une phase de concertation avec les acteurs concernés. À cette fin, une mission de
préfiguration (complétée par une association réunissant les acteurs les plus engagés dans cette
démarche) devrait être mise en place et dotée de moyens.
L’objectif serait, à la date anniversaire du lancement de la mission (fin 2010), d’avoir réalisé les études complémentaires nécessaires — rédaction du cahier des charges du label, étude globale
relative à la « carte d’identité », rédaction du projet de loi et des textes réglementaires, préparation
d’une campagne support de promotion du label — pour une mise en œuvre opérationnelle
en 2011.
En outre, cette structure pourrait également organiser un travail d’influence pour promouvoir
ces propositions. Il s’agirait en particulier de préparer un mémorandum et d’autres supports à l’attention des institutions européennes et de nos partenaires et de mener sur cette base une
action de lobbying à Bruxelles.




 

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