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Automatisation, numérisation et emploi - Tome 1 : les impacts sur le volume, la structure et la localisation de l'emploi

Auteur(s) :

    • FRANCE. Conseil d'orientation pour l'emploi

Editeur :

  • Conseil d'orientation pour l'emploi

Date de remise : Janvier 2017
192 pages

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Les progrès réalisés dans le champ de la robotique et de l'intelligence artificielle, l'essor de l'Internet des objets, le traitement des données de masse (big data), l'émergence de l'impression 3D ou encore la révolution annoncée des voitures sans chauffeur alimentent des inquiétudes autour d'un « futur sans emploi ». Des études récentes ont estimé qu'une part massive des emplois existants pourrait être menacée de disparition. Dans ce premier tome, le Conseil analyse les effets possibles du progrès technologique sur le volume de l'emploi (en termes de disparition mais aussi de créations), mais aussi les effets sur la structure de l'emploi (quels sont les métiers et les secteurs les plus concernés ? comment les métiers sont-ils appelés à évoluer ? quels types de compétences seront à l'avenir les plus recherchées ?) et sa localisation, à la fois à l'échelle nationale (quelles pourraient être les zones d'emploi les plus concernées ?) et internationale (les technologies pourraient-elles favoriser un mouvement de relocalisation des emplois en France ?). Consultez également le tome 2 (impact sur les compétences) et le tome 3 (impact sur l'organisation du travail et les situations de travail).

Introduction

Partie 1 : Une nouvelle vague d’automatisation et de numérisation qui transforme les systèmes productifs et l’économie

1 Automatisation, numérisation : de quoi parle-t-on ?

 2 Des possibilités techniques d’automatisation et de numérisation encore accrues se profilent à l’horizon

2.1 De nouvelles avancées technologiques dominées par le numérique et fortement interdépendantes

2.2 Les progrès de l’intelligence artificielle et de la robotique élargissent la portée de l’automatisation

2.2.1 Intelligence artificielle : avancées technologiques, élargissement des domaines d’application et défis technologiques 

2.2.2 Robotique autonome ou collaborative : avancées technologiques, élargissement des domaines d’application et défis technologiques

2.3 L’impression 3D et l’Internet des objets, des avancées technologiques porteuses de modifications importantes des modes de production et de distribution des biens et services 

2.3.1 L’impression 3D et ses implications potentielles sur le système productif 

2.3.2 L’internet des objets : description de la technologie et implications sur le système productif

 3 Bon nombre d’entreprises françaises affichent encore un certain retard en matière d’utilisation des outils numériques et des robots 

3.1 Technologies numériques : connectivité, commerce en ligne, réseaux sociaux, logiciels de gestion de la logistique, progiciels… 

3.2 Robots : robots industriels, robots de services à usage professionnels

 Partie 2 : Ce que nous enseignent l’histoire et l’analyse économiques sur les relations entre progrès technologique et emploi 

1 L’approche historique : une préoccupation très ancienne, un débat continu au cours des deux derniers siècles
 1.1 L’évolution de l’emploi au cours des révolutions industrielles 
 1.2 Un débat académique ancien, qui a toujours opposé optimistes et pessimistes 
 1.2.1Des préoccupations nées avec l’accélération du progrès technique
 1.2.2 L’argumentation autour des mécanismes directs et indirects

2 Le cadre du débat académique actuel

2.1 L’analyse micro-économique 

2.1.1Des conséquences diverses au sein de l’entreprise 

2.2.2Une analyse forcément incomplète 

2.2 L’analyse macro-économique 

2.2.1 L’importance des mécanismes de compensation 

2.2.2 Pour apprécier l’impact global sur l’emploi incertain à court terme comme à long terme, des études empiriques doivent venir en appui des analyses théoriques

2.3 Innovation et évolution des compétences 

2.4 Les technologies et la localisation de l’activité et de l’emploi

3 Des interrogations sur l’évolution de la productivité et le chemin de croissance à long terme de l’économie 

3.1 Les liens entre technologies et productivité au niveau de l’entreprise et au niveau macroéconomique 

3.2 Le rôle débattu des technologies dans le ralentissement de la croissance de la productivité du travail depuis les années 1990 dans les pays développés

Partie 3 : Les effets de l’automatisation et de la numérisation sur le volume, la structure et la localisation de l’emploi 

1 Un exercice difficile qui requiert de répondre à quelques questions essentielles 

1.1 Comment mesurer le progrès technologique et ses effets sur l’emploi ? 

1.1.1 Quel indicateur pertinent retenir pour mesurer le progrès technologique (et plus particulièrement pour capter l’effet des technologies liées à l’automatisation et à la numérisation) ? 

1.1.2 Comment isoler l’effet propre du progrès technologique sur l’emploi ? 

1.2 Comment quantifier le risque d’automatisation de l’emploi lié au progrès technologique? 

1.2.1 Qu’entend-on par activité, tâche, compétence, métier ? 

1.2.2 Doit-on mesurer le risque d’automatisation des emplois par métier ou par tâche ?

1.3 Quel niveau d’analyse retenir ? 

1.4 Quel horizon temporel prendre en compte ?

1.5 Comment résoudre les biais d’estimation potentiels des analyses prospectives ?

2 Les impacts sur le volume de l’emploi : les études existantes, la nouvelle étude du Conseil

2.1 Analyse des études rétrospectives : les innovations technologiques de produit et de procédé ont été globalement favorables à l’emploi au cours des trente dernières années 

2.1.1 Les résultats empiriques convergent malgré des différences selon le niveau d’analyse (agrégé, sectoriel ou entreprise) et les choix méthodologiques retenus 

2.1.2 Les innovations technologiques ont agi sur l’emploi via des canaux différents selon la nature des innovations et le niveau considéré 

2.1.3 Les effets passés des seules technologies numériques ou robotiques sur l’emploi sont pour  l’instant peu documentés 

2.2 Analyse des études prospectives : en fonction des méthodologies retenues, les effets potentiels sur le volume de l’emploi seraient significatifs, et dans certains cas massifs 

2.2.1 Les principales études prospectives disponibles se focalisent sur le risque de destruction d’emploi sans s’accorder sur l’ampleur de ce risque 

2.2.2 Le COE a voulu, au travers d’une nouvelle étude, mieux apprécier l’exposition des emplois 2.2.2 salariés en France 

2.2.3 Un potentiel de créations d’emplois réel, mais dont l’ampleur est difficile à quantifier

3 Les impacts sur la structure des emplois et le contenu des métiers 

3.1 La structure de l’emploi a été profondément modifiée depuis les années 1980, en partie en lien avec la diffusion de technologies numériques 

3.1.1 Une modification de la structure de l’emploi depuis les années 1980, qui semble avoir surtout profité aux plus qualifiés en France 

3.1.2 La diffusion des technologies, notamment numériques, constitue l’un des moteurs de la modification de la structure de l’emploi 

3.2 La diffusion des nouvelles technologies a également contribué à une profonde évolution des métiers, marquée notamment par une complexification généralisée et un essor des compétences analytiques et relationnelles 

3.2.1 Une complexification généralisée des métiers, marquée notamment par un essor des compétences  analytiques et relationnelles, en lien avec la diffusion des nouvelles technologies 

3.2.2 Réglementations croissantes, mondialisation, exigences nouvelles des consommateurs ou encore transition énergétique ont également contribué à modifier le contenu des métiers en tâches et en compétences 

3.3 Que peut-on anticiper? 

3.3.1 Si des emplois dits qualifiés peuvent également faire partie des emplois à risque d’automatisation, les avancées technologiques en cours et à venir menaceraient d’abord les emplois les moins qualifiés

3.3.2 Le seul point de vue technologique ne suffit pas pour anticiper l’évolution de la structure de l’emploi,  qui dépendra surtout de la façon dont les postes s’ajustent et se réorganisent en termes de tâches et de compétences 

3.3.3 La complexification des métiers observée au cours des dernières décennies devrait se poursuivre

4 Les impacts sur la localisation de l’emploi 

4.1 Avancées technologiques, délocalisations et relocalisations de l’emploi 

4.1.1 Les technologies récentes, combinées à des transformations de la demande et du contexte macroéconomique international, sont susceptibles d’avoir un impact sur les décisions de localisation des entreprises 

4.1.2 Les cas de relocalisation en France semblent, pour l’instant, limités 

4.1.3 Les effets des délocalisations et des relocalisations sur l’emploi en France (volume et structure)

4.2 Les avancées technologiques récentes pourraient, toutes choses égales par ailleurs, accentuer les écarts entre les régions en fonction de la composition des économies locales 

4.2.1 Rappel des déterminants de la localisation de l’emploi au sein d’un pays et rôle possible des déterminants technologiques 

4.2.2 L’impact territorial des technologies sur l’emploi dépend d’abord de la spécialisation des territoires dans certains secteurs, métiers ou qualifications soumis à un risque élevé d’automatisation ou affectés par la numérisation 

4.2.3 Les créations d’emploi liées aux nouvelles technologies devraient bénéficier diversement aux territoires 

4.2.4 La possibilité d’un « trickle-down » ou d’un multiplicateur technologique au niveau local en France … 

Conclusions

 Annexes

Annexe 1 : L'exposition des emplois salariés à l'automatisation en France 

Annexe 2 : Liste des auditions

Introduction 

Les progrès réalisés dans le champ de la robotique et de l’intelligence artificielle, l’essor de l’Internet des objets, le traitement des données de masse (big data), l’émergence de l’impression 3D ou encore la révolution annoncée des voitures sans chauffeur alimentent aujourd’hui des inquiétudes autour d’un « futur sans emploi ».

Ces préoccupations ne sont pas nouvelles : à chaque nouvelle vague d’innovation importante, au moins depuis la Renaissance, la crainte d’un chômage technologique lié à la substitution de l’homme par la machine ressurgit. L’histoire montre cependant que les avancées technologiques successives, notamment celles liées à l’automatisation de la production, se sont au contraire accompagnées jusqu’à présent d’un développement de l’emploi, même si la nature et la structure des emplois ont dans le même temps profondément évolué, ainsi que leur répartition dans l’espace.

 Les évolutions technologiques en cours, dominées par la numérisation et marquées par un potentiel d’automatisation considérable, relèvent-elles de la même logique ou, par leur nature, leur ampleur et la rapidité de leur diffusion, sont-elles de nature à avoir un impact différent sur l’emploi ?

Plusieurs études récentes ont, depuis 2013, cherché à estimer la part des emplois actuels qui pourraient être menacés de disparition du fait des nouvelles possibilités d’automatisation. Ces études prospectives sont toutes à considérer avec précaution : elles reposent, par définition, sur ce que l’on peut raisonnablement attendre des prochaines vagues d’innovations technologiques au vu des seules connaissances actuelles. Elles ne tiennent pas compte du fait que toutes les innovations technologiques, lorsqu’elles sont mises en œuvre, ne se diffusent pas à la même vitesse.

Elles ignorent le potentiel – certes plus difficile à estimer – de création de nouveaux emplois induits par les transformations technologiques. Elles se focalisent en général sur le seul risque de disparition d’emplois existants, sans chercher à apprécier les perspectives de transformation qui pourraient concerner l’essentiel des emplois existants.

Toutefois, ces études considèrent que les effets potentiels sur le volume de l’emploi seraient significatifs voire massifs, sans pour autant s’accorder sur l’ampleur de ce risque en raison notamment de choix méthodologiques différents.

C’est pourquoi le Conseil d’orientation pour l’emploi a souhaité affiner les diagnostics en procédant à une analyse approfondie de l’impact de ces nouvelles innovations sur l’emploi. Il a cherché à apprécier non seulement les effets constatés et envisageables sur le volume de l’emploi (en termes de disparition mais aussi de créations), mais aussi les effets sur la structure de l’emploi (quels sont les métiers et les secteurs les plus concernés ? Comment les métiers sont-ils appelés à évoluer ? Quels types de compétences seront à l’avenir prioritaires ?) et sa localisation, à la fois à l’échelle nationale (quelles pourraient être les zones d’emploi les plus concernées ?) et internationale (les technologies pourraient-elles favoriser un mouvement de relocalisation des emplois en France ?).

Dans ce cadre, le Secrétariat général du Conseil a notamment réalisé une étude statistique, sur la base de l’exploitation des données de l’enquête Conditions de travail, visant à apprécier la part des emplois qui seraient potentiellement concernés par l’automatisation, mais aussi à la décliner par métier.

Ce premier tome du rapport du Conseil établit d’abord, sur la base des travaux conduits par le Conseil depuis juillet 2016, un diagnostic de l’impact des nouvelles technologies liées à la numérisation et à l’automatisation sur  l’emploi : après un rappel des caractéristiques et des potentialités de la vague actuelle d’innovations et une analyse des principaux enseignements de l’histoire et de la théorie économiques, il examine les effets de l’automatisation et de la numérisation sur le volume, la structure et la localisation de l’emploi.

L’importance du diagnostic, qui doit aussi intégrer toutes les incertitudes liées au phénomène, est d’autant plus grande que c’est sur cette base que doivent s’appuyer les évolutions des politiques publiques à mettre en oeuvre : elles ne sont ni de la même ampleur ni de la même nature selon que les transformations sont lentes ou brutales, mineures ou massives, et concentrées ou non sur certaines compétences, certaines zones géographiques, certaines catégories d’emploi. Au-delà du diagnostic posé par le Conseil qui se concentre sur les seuls effets sur l’emploi, l’impact des nouvelles technologies sur les inégalités de revenus fait également débat et devra être analysé avec attention, même si cela ne relève pas du champ du présent rapport.

Dans un second tome du présent rapport, le COE va étudier, sur la base de ces différents scénarios, les enjeux précis en termes d’évolution des compétences, de mobilités professionnelles, d’organisation et temps de travail et de modes de management, de conditions de travail ou encore de soutien à l’innovation. Il y formulera également des préconisations de politiques publiques sur l’ensemble des champs de l’emploi et du travail.

Le Conseil remercie tout particulièrement, pour leurs contributions concernant l’analyse des technologies, Raja Chatila, directeur de recherche au CNRS, directeur de l’ISIR (Institut des systèmes intelligents et de robotique), Francis Jutand, directeur général adjoint de l’Institut Mines-Télécom, Grégoire Postel-Vinay, chef de la mission Stratégie à la Direction générale des entreprises, et Jean Tournoux, délégué général du SYMOP (Syndicat des technologies et machines de production) et, pour leurs contributions à l’analyse statistique, Sébastien Roux (INSEE), Benjamin Nefussi (Direction générale du Trésor), Thomas Coutrot (DARES), Amélie Mauroux (DARES) et Nicolas Le Ru (France Stratégie), ainsi que Michel Houdebine, Francis Kramarz et John Martin.