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Vivre ensemble, vivre en grand : pour une réconciliation nationale

Auteur(s) :

    • FRANCE. Premier ministre; FRANCE. Ministère de la cohésion des territoires

Editeur :

  • Ministère de la cohésion des territoires

Date de remise : Avril 2018
164 pages

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Le 14 novembre 2017, à Tourcoing, le Président de la République a défini les grands principes d'un Plan de mobilisation en faveur des quartiers. C'est à la suite de cette annonce que M. Jean-Louis Borloo, ancien ministre de la cohésion sociale, a été chargé d'une mission visant à présenter des propositions en vue de l'élaboration de ce Plan. En lien avec des élus et des associations de terrains, l'auteur propose dix-neuf programmes thématiques pour relancer la politique de la ville : rénovation urbaine, emploi, éducation, sécurité et justice, associations, lutte contre les discriminations, etc.

Introduction

Programmes

Programme 01 : La qualité urbaine pour tous
Programme 02 : La mobilité, un droit et une nécessité
Programme 03 : Investir dans la petite enfance
Programme 04 : De l’école à la « cité éducative »
Programme 05 : Grandir par la culture
Programme 06 : Développer et insérer nos quartiers par le sport
Programme 07 : Tout passe par l’entreprise et l’emploi
Programme 08 : Un plan national pour gagner la bataille contre l’illettrisme et l’illectronisme, former aux savoirs de base
Programme 09 : 200 quartiers d’excellence numérique
Programme 10 : Reconnaître les nouveaux visages de Marianne
Programme 11 : L’académie des leaders, la nouvelle grande école
Programme 12 : Une nouvelle armée de la république solidaire
Programme 13 : Agir fermement pour la sécurité et la justice
Programme 14 : Des moyens d’agir pour les communes
Programme 15 : « La Nation garantit à tous la protection de la santé »
Programme 16 : Les associations : le coeur des quartiers
Programme 17 : Lutter contre les discriminations
Programme 18 : Une Cour d’équité territoriale
Programme 19 : A la rencontre de l’Autre

Epilogue

Annexes

L’heure n’est plus aux rapports d’experts, l’heure est à l’action.

La situation est facile à résumer : près de 6 millions d’habitants vivent dans une forme de relégation voire parfois, d’amnésie de la Nation réveillée de temps à autres par quelques faits divers ; un effort public en berne ; des maires de banlieues qui se battent en première ligne, qui craquent parfois et jettent l’éponge, des agents publics et des bénévoles épuisés. Les causes sont connues : des grands ensembles impossibles construits sous l’influence de la charte d’Athènes, enfermés sur eux-mêmes et enclavés, ne bénéficiant pas toujours des fonctions d’une ville, parfois même hors ville, mais toujours de véritables cicatrices urbaines. Construits rapidement, tous sur le même modèle, pour résorber la crise du logement, ils ont en outre accueilli une immigration de travail transformée en immigration familiale, sans que les moyens d’accueil et d’intégration n’aient été au rendez-vous. Dans le même temps, les usines en proximité qui avaient justifié leur venue fermaient ; la pauvreté concentrée ; le chômage de masse ; des familles parfois monoparentales ; une jeunesse déracinée qui peine à faire sa place (500 000 jeunes soit plus de 50% des jeunes des quartiers).

L’archipel des 1500 quartiers de la politique de la ville (QPV), c’est l’équivalent de la population cumulée des 10 premières villes de France. Parmi eux, 216 connaissent des difficultés urbaines plus graves encore, 60 sont en risque de fracture et 15 en risque de rupture. Mais c’est bien plus en réalité, car ce cumul de graves difficultés et leurs conséquences impactent les quartiers populaires qui leur sont proches et se diffusent alentour, un alentour culturel, géographique et générationnel.

Si on ajoute, les territoires ruraux délaissés et certaines villes ou bassins en grave déprise, ainsi qu’une partie importante de nos territoires d’outre-mer, ce sont plus de 10 millions de compatriotes qui sont éloignés du moteur de la réussite, n’ont pas les mêmes conditions de départ, les mêmes services de base et donc la même chance de pouvoir, par leur effort et leur mérite, construire un véritable avenir. Pour cette France, tout est plus dur.

C’est donc bien de la France, de son souffle, de son dynamisme, de sa croissance et de sa cohésion qu’il s’agit, de notre propre regard sur notre société et notre conception de l’égalité républicaine réelle.

L’autre France, active, conquérante, qui travaille dur, contribuant à nourrir la France, à produire, à servir nos concitoyens, doit savoir que c’est l’absence de réponses à ces problèmes qui crée inévitablement des dépenses cumulées de rattrapage social, les épuise en partie et laisse chez eux parfois un sentiment d’incompréhension.

Il est clair que l’écart des chances d’avenir, selon les territoires, les origines sociales, la géographie urbaine, ne cesse de croître. Cette situation ne sera pas tenable si nous renonçons à intégrer dans le rêve français 10 millions d’âmes invisibles, une jeunesse lumineuse, colorée et en quête de participation.

Nous sommes capables de traiter l’essentiel de ces problèmes en quittant les angoisses de notre histoire, les dispositifs accumulés, entassés, sédimentés, inefficaces, contradictoires, éparpillés, abandonnés où l’annonce du chiffre spectaculaire tient lieu de politique. Redevenons une puissance d’actions, une grande puissance éducative, économique, scientifique, républicaine, fraternelle, dans le respect des rêves et des différences de chacun, en faisant coïncider notre grandeur avec le rêve républicain.

A défaut, fermenteront loin des yeux, le recroquevillement identitaire et le repli communautaire si trop de concitoyens ont le sentiment de ne pas participer au rêve républicain.
Il ne s’agit plus de comprendre, d’expliquer, encore moins d’excuser. L’heure est à l’action. Au nom de la solidarité nationale, et en raison de l’immense gâchis que représente pour le pays cette jeunesse sacrifiée. Si les indicateurs sont dramatiques et scandaleux dans un pays riche comme le nôtre, l’effort public est à notre portée, entrainant une dynamique vertueuse !

 
 

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