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Les Comportements sexuels des jeunes de 15 à 18 ans : enquête

Auteur(s) :

Editeur :

  • Agence nationale de recherche sur le sida

Date de remise : Avril 1995
23 pages

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Résultats d'une enquête sur les comportements sexuels des jeunes réalisée auprès d'élèves des lycées, des centres de formation d'apprentis, des cycles d'insertion pré-professionnelle par l'alternance (CIPPA) et des organismes de formation.& Sont étudiés : les pratiques sexuelles des 15-18 ans, les changements dans les comportements sexuels, le réseau de sociabilité à travers lequel les adolescents forment leurs relations sexuelles. - Au terme de l'étude, il apparaît que les jeunes qui suivent des filières professionnelles sont sexuellement plus précoces que les lycéens de l'enseignement général et technique, parmi ces jeunes les jeunes filles ont été plus fréquemment enceintes et victimes de rapports forcés et ces jeunes de l'enseignement professionnel utilisent les préservatifs de façon plutôt moins systématique que les élèves de l'enseignement général.


INTRODUCTION


L'enquête Analyse du Comportement Sexuel des Jeunes (ACSJ)


Cette enquête s'inscrit dans le cadre d'un dispositif destiné à recueillir des informations sur les comportements sexuels de la population et susceptible de contribuer à la prévention du sida. Ce dispositif a pour objectif de permettre une meilleure estimation des situations d'exposition à l'infection par le virus du sida liées aux pratiques sexuelles, nécessaire tant à l'élaboration des programmes de prévention et à l'évaluation de leur impact, qu'à la prévision de l'épidémie.


L'Agence Nationale de Recherches sur le Sida a confié au professeur A. Spira (directeur de l'Unité 292 de l'INSERM) la mise en oeuvre de ce dispositif. Il se présente sous la forme de trois enquêtes complémentaires. Une première enquête concerne la population adulte métropolitaine de 18 à 69 ans. Un rapport présentant les résultats les plus significatifs a été publié à La DocumentationFrançaise en mars 1993, un numéro de la revue Population (sept-oct 1993) présente des analyses plus détaillées. Une seconde enquête concerne la population adulte des Antilles et de Guyane dont les résultats doivent être publiés en juin 1995. Le troisième volet de ces études concerne la population des 15-18 ans, c'est sur cette enquête que porte la présente note.


Le contrat


L'objectif était de dresser un tableau précis des comportements à risque pour le VIH -comportements sexuels et usage de drogue1- des jeunes de 15 à 18 ans habitant en France métropolitaine. Une des contraintes était d'obtenir un échantillon efficace, c'est à dire permettant de déterminer avec précision les contextes et la fréquence des pratiques à risque pour le VIH. Pour avoir une bonne représentation de la population supposée le plus "à risque", il fallait sélectionner suffisamment de jeunes hors du système scolaire, car ils sont sexuellement plus précoces que les lycéens et leurs connaissances des risques sont plutôt moins bonnes, d'où le choix de sur-représenter les apprentis dans l'échantillon.


Déroulement


La mise au point du questionnaire s'est étendue sur trois ans. Elle a donné lieu à deux enquêtes préalables la première dans des lycées de région parisienne en juin 1992, la seconde auprès des apprentis de l'agglomération toulousaine en juin 1993.


L'enquête a eu lieu entre janvier et mars 1994. Le terrain de l'enquête a été confié à l'institut BVA, en liaison avec l'équipe de recherche. Les établissements d'enseignement ont pris en charge un travail considérable qui allait de la présentation de l'enquête aux élèves, à la préparation des listes d'élèves rendues anonymes, en passant par la convocation des élèves devant l'enquêteur/trice et par l'envoi de lettres aux parents des élèves mineurs.


La population enquêtée


Les jeunes enquêtés sont scolarisés ou en formation dans quatre types d'institutions : les lycées, les centres de formation d'apprentis (CFA), les cycles d'insertion pré-professionnelle par l'alternance (CIPPA) et les organismes de formation (OF).


Parmi les lycéens, trois groupes peuvent être distingués:


- les élèves de l'enseignement général,


- les élèves de l'enseignement technique,


- les élèves des lycées professionnels qui préparent des CAP, des BEP et des Bacs professionnels.


Les jeunes qui ne sont pas lycéens fréquentent, pour la plupart, des CFA où ont été interrogés ceux qui préparent des Certificats d'Aptitude Professionnelle (CAP) ou des Brevets d'Etude professionnels (BEP).


Dans les CIPPA (cycles d'insertion pré-professionnelle par l'alternance) se trouvent des jeunes qui ont quitté le collège sans diplôme. Ils sont souvent issus des sections d'éducation spécialisée (SES) ou des classes pré-professionnelles de niveau (CPPN). Ces jeunes, démunis sur le plan éducatif et sur beaucoup d'autres plans, entreront dans les CFA ou dans les sections de pré-qualification des organismes de formation.


Le public des organismes de formation (OF) est composé de deux groupes : les sections dites de pré-qualification où les jeunes acquièrent les bases du savoir de l'école primaire, et les sections de qualification où ils ont le niveau de la 3ème des collèges. Les jeunes qui ont été interrogés dans les OF bénéficiaient du crédit de formation individualisé (CFI) ou du programme PAQUE (Programme d'accès à la qualification et à l'emploi).


Dans les commentaires et les légendes de tableaux, nous avons appelé par abus de langage "apprentis" non seulement les jeunes de CFA, qui ont un véritable contrat de travail (le contrat d'apprentissage) mais aussi les jeunes en CIPPA et organismes de formation, qui peuvent être rémunérés dans le cadre de conventions PAQUE et CFI avec l'Etat mais n'ont pas de contrat de travail.


Echantillon


Pour réduire les coûts de déplacement et d'organisation nous avons limité l'extension géographique de la base de sondage à 18 départements2. Ces départements n'ont pas été tirés au sort mais choisis dans trois zones caractérisées par des taux de prévalence du sida contrastés.


L'échantillon est aléatoire à deux degrés, stratifié. Sur la base des listes des établissements, on a procédé au tirage des établissements puis au sein de ces établissements, au tirage au sort des jeunes à interroger sur la liste globale des élèves. Les établissements ont été classés en fonction de leur taille et de la zone de prévalence du sida, de manière à avoir des strates aussi homogènes que possible du point de vue des risques. Les taux de sondage ont varié selon l'âge des jeunes et la nature des établissements.


1-Taux de refus au niveau des établissements


Quelle est la structure des refus ? Moins de 30% des responsables des établissements tirés au sort ont refusé de collaborer à l'enquête. Ce pouvait être en raison d'un manque de personnel pour organiser l'enquête ou par crainte de heurter la sensibilité des jeunes ou de leurs parents.


2-Taux de refus des parents, refus et non réponses des élèves


Les refus d'élèves ont été peu nombreux : en moyenne 14%. L'enquête s'est déroulée assez différemment selon les établissements, comme en témoigne la forte variation des taux de refus. Une quinzaine de grands lycées ont connu des taux moyens de refus par les élèves particulièrement élevés (26%). Les refus imputables aux parents (auxquels il était proposé de retourner un formulaire s'ils refusaient que leurs enfants mineurs répondent à l'enquête) sont très faibles, moins de 5%.


Les absences d'élèves pour maladie ou départ de l'établissement, qui sont des non-réponses et pas des refus s'élèvent à 2 %.


Représentativité


L'enquête a concerné les jeunes âgés de 15 à 18 ans révolus dans les lycées et les jeunes de 15 à 19 ans dans les centres d'apprentissage. Ce sont uniquement les résultats concernant les 15-18 ans qui sont présentés ici.


3-Distribution des établissements et des jeunes dans l'échantillon.


6 445 questionnaires utilisables ont été collectés dans 224 établissements. L'originalité de l'enquête tient au fait que presque toutes les catégories de jeunes âgés de 15 à 18 ans au 1er janvier 1994 ont été représentées, aussi bien les lycéens des établissements publics que privés, confessionnels ou non 3 que les jeunes qui ont quitté le système scolaire -apprentis, jeunes en CIPPA ou en organismes de formation4. Cette base de sondage ne prend pas en compte 26 % de la tranche d'âge 15-18 ans, dont :


14% sont en troisième des collèges,


4 % sont dans l'enseignement supérieur,


2% sont en activité,


5% sont, suivant l'expression de F. Dubet, 'en galère',


1% suivent des formations supérieures médico-sociales.


Ce sont surtout les catégories d'âges extrêmes qui sont le moins bien représentées. Deux cinquièmes des jeunes de 15 ans sont collégiens. A 18 ans, 17% sont scolarisés dans l'enseignement supérieur5 et autant travaillent ou sont en "galère". Il est vraisemblable que l'absence des collégiens de 15 ans modifie peu le tableau de l'activité sexuelle. A 18 ans on manque à la fois les jeunes de l'enseignement supérieur dont on sait qu'ils sont plus tardifs sexuellement et les jeunes travailleurs, chômeurs ou marginalisés qui sont plus précoces.


Base de calcul des pourcentages


La base des résultats présentés -nombre d'enquêtés âgés de 15 à 18 ans- est de 6182. Dans la plupart des tableaux, les écarts à ce nombre sont dus aux valeurs manquantes concernant l'une des variables du tableau. Voici les nombres d'individus par sexe et âge sur lesquels portent, en général, les pourcentages.


4-Distribution brute des 15-18 ans interviewés selon le sexe et l'âge


Le questionnaire


Une triple orientation a présidé à la construction de ce questionnaire : 1/ faire un tableau des pratiques sexuelles des 15-18 ans en évitant, autant que possible, d'imposer un modèle adulte ; 2/ saisir les changements dans les comportements sexuels en les replaçant dans leur chronologie, en conséquence nous avons accordé de l'importance à la datation des événements et aux délais qui les séparent ; 3/ décrire le réseau de sociabilité à travers lequel les adolescents forment leurs relations sexuelles ; ce réseau joue aussi un rôle important dans l'élaboration des normes et des valeurs.


La passation du questionnaire


La passation du questionnaire présente deux caractéristiques techniques essentielles qu'il convient de souligner. La procédure de passation en face à face est apparue préférable pour réduire les inégalités devant l'écrit et pour adapter le questionnaire à l'expérience des adolescents (questions filtres). Le consentement de la personne a été recueilli au début et au cours de la passation du questionnaire. D'autre part, les jeunes ont pu, à différents moments du questionnaire, se référer à des cartes sur lesquelles sont codés les actes ou les situations sans avoir à les nommer explicitement devant l'enquêteur. Enfin la durée de l'entretien a, par le jeu des modules, été approximativement égalisée pour tous les enquêtés.


Procédure d'anonymisation