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Femme, j'écris ton nom... : guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions

Auteur(s) :

Editeur :

  • La Documentation française

Date de remise : Décembre 1999
119 pages

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Guide de plus de 2000 entrées masculin/féminin aidant à trouver et former des termes féminins en un temps où les femmes accèdent à tous les secteurs d'activité et à tous les niveaux de responsabilité. Les dénominations au féminin, déjà en progression constante, reflètent l'évolution de la société.

Préface de Lionel Jospin

Introduction

Aperçu historique : la féminisation au cours des siècles

Les métiers manuels, non valorisés
Les titres de noblesse et les charges
Les métiers valorisés
La féminisation aujourd’hui

Règles de féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions

1. Le déterminant
2. Noms se terminant au masculin par une voyelle
3. Noms se terminant au masculin par une consonne
3.1. Noms se terminant par une finale autre que -eur
3.2. Noms se terminant par -eur (à l’exception de -teur)
3.3. Noms se terminant par -teur
4. Abréviations et sigles
5. Mots empruntés à une langue étrangère
6. Cas particuliers
7. Accord dans les dénominations composées et complexes

Objections et difficultés

Les objections
L’homonymie
L’euphonie
La dévalorisation
Les difficultés : un supposé emploi neutre ; le générique et le spécifique
Deux genres, et seulement deux
La neutralisation
La question du générique
Pour conclure

Constitution et présentation de la liste

Les étapes de la constitution
Choix de la nomenclature de base
Comparaison des féminisations en usage dans la francophonie
Complémentation de la nomenclature
Critères de sélection des entrées
Représentation des diverses possibilités de formation à partir des termes génériques
Les désignations composées et complexes
Les composés prépositionnels : nom + de + nom
Normes orthographiques

Rôle de l’adjectif dans la terminologie des métiers

Typologie des adjectifs
Les adjectifs relationnels
Potentialités néologiques

En guise de conclusion

Références bibliographiques

Guide d’aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions

Liste annexe

Préface

Notre pays aime les querelles qui tournent autour de sa langue : on l’a vu il y a quelques années avec la « querelle de l’orthographe ». Les débats autour de l’usage du français viennent nourrir discussions et forums et remplissent les pages des journaux. Cela prouve, s’il en était besoin, l’attachement de nos concitoyens à leur langue et le souci permanent du « bon usage » qui nous anime.

Parmi ces querelles prend place celle de la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions. Les linguistes le savent depuis longtemps : cette affaire n’est pas seulement la leur. Elle concerne la société tout entière. Elle véhicule nombre de résistances, pour une large part idéologiques.

Le rôle du Gouvernement ne peut certes pas être en la matière d’imposer une norme : la liberté d’expression, une des libertés les plus fondamentales dans une démocratie, suppose le droit pour chacun d’utiliser la langue comme il l’entend. Mais le Gouvernement doit montrer l’exemple dans la sphère qui est la sienne, celle des services publics. Qu’une femme exerçant les fonctions de directeur d’école porte depuis plus d’un siècle le titre de directrice alors que la femme directrice d’administration centrale était encore, il y a un an, appelée « madame le directeur » atteste, s’il en était besoin, que la question de la féminisation des titres est symbolique et non linguistique.

C’est la raison pour laquelle j’ai, par une circulaire en date du 6 mars 1998, invité les administrations à recourir aux appellations féminines pour les noms de métiers, titres, grades et fonctions chaque fois que le féminin était d’usage courant.

À ma demande, la Commission générale de terminologie et de néologie m’a remis un rapport portant au premier chef sur les usages juridiques. Celui-ci montre que lorsque les textes visent une fonction, et non la personne qui remplit cette fonction, I’emploi du masculin est conforme à la règle. La Commission invite à la rigueur dans la rédaction des textes législatifs et réglementaires. Je ne vois que des avantages à mettre en œuvre ces recommandations.

Le présent Guide, rédigé par l’Institut national de la langue française, montre que, contrairement à certaines idées reçues, il n’y a pas de difficulté à féminiser la plupart des métiers, grades, titres et fonctions. Il y en a d’autant moins que le français l’a fait couramment jusqu’au siècle passé. Je suis convaincu que ce guide sera utile à tous ceux qui souhaitent faire avancer la cause de la féminisation. D’ores et déjà, avec l’aide des médias, qui ont assimilé son sens, cette démarche progresse et les querelles sur « le » ou « la » ministre, lorsqu’une femme occupe ces fonctions, appartiendront bientôt au passé.

Notre langue évolue : elle n’est évidemment pas séparée des enjeux du temps. La parité a sa place dans la langue. Je souhaite que ce guide facilite une démarche dont la légitimité n’est plus à démontrer.

Lionel Jospin
 Premier ministre